Logement accompagné

Maison relais, pension de famille : un logement durable avec accompagnement, et comment y accéder

Le mot « pension » trompe presque tout le monde. On imagine une chambre meublée louée à la semaine, un séjour de passage, quelque chose de provisoire. C'est exactement l'inverse : une pension de famille, que l'on appelle aussi maison relais, offre un vrai logement individuel, sans limite de durée, dans une petite structure où un hôte est présent chaque jour. Le dispositif est peu connu du grand public et il obéit à des règles précises. Voici pour qui il existe, par quelle porte on y entre et ce qu'il en coûte.

Mis à jour le 20 novembre 2026 · Par Thomas Mercier

Deux résidentes discutent dans une salle commune lumineuse

En résumé

  • Un seul dispositif, deux noms : « maison relais » vient d'une circulaire de 2002, « pension de famille » est la dénomination retenue par la loi du 25 mars 2009.
  • Un logement, pas un hébergement : le résident signe un contrat de résidence d'un mois renouvelé tacitement, sans limite de durée.
  • Un public précis : des personnes seules, à faibles ressources, isolées, souvent passées par la rue ou par l'hébergement, qui n'ont pas ou plus besoin d'un centre d'insertion mais ne peuvent pas vivre seules en logement ordinaire.
  • Une entrée par orientation : un travailleur social monte le dossier, le SIAO oriente, le gestionnaire décide. Il n'existe pas de candidature spontanée.
  • Un coût encadré : une redevance (loyer, charges, mobilier) qui ouvre droit à l'APL. Selon la DIHAL (mai 2025), le reste à charge moyen se situe entre 80 et 150 euros par mois.
  • Une vie en petit collectif : en général 20 à 25 logements, des espaces communs et deux hôtes pour animer la maison.

Qu'est-ce qu'une maison relais, concrètement ?

Commençons par la définition administrative, parce qu'elle évite bien des contresens. Le guide de la DIHAL range la pension de famille dans la famille des résidences sociales, qui comprend aussi les foyers de jeunes travailleurs et les résidences sociales généralistes : c'est un établissement qui accueille des personnes dont la situation sociale et psychologique rend difficile l'accès à un logement ordinaire. Nous détaillons ses cousines dans notre page sur le foyer de jeunes travailleurs et la résidence sociale.

La Délégation interministérielle à l'hébergement et à l'accès au logement (DIHAL) décrit, dans son guide de mai 2025, un logement pérenne avec accompagnement social, pour des personnes à faible niveau de ressources, en situation d'isolement ou d'exclusion lourde, qui ont fréquenté de façon répétée la rue et les structures d'hébergement provisoire. Son adjoint résume l'idée par une formule que je trouve juste : un chez-soi, mais pas tout seul. Le résident a sa porte, sa clé, son intimité. Mais la maison compte des espaces communs, et surtout des hôtes dont la présence quotidienne rompt l'isolement.

Maison relais ou pension de famille : y a-t-il une différence ?

Non. Le guide de la pension de famille publié par l'Unafo (l'union professionnelle du logement accompagné), relu par la DGCS, la DIHAL et la DHUP, est net : ce sont deux dénominations d'un même établissement. Le nom « maison-relais » est issu d'une circulaire du 10 décembre 2002 et reste parfois employé. La loi du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement a, elle, consacré « pension de famille » dans le code de la construction et de l'habitation. Si vous cherchez une place, utilisez les deux termes : certains annuaires et certains gestionnaires emploient encore l'ancien.

Combien de pensions de famille existe-t-il ?

D'après la DIHAL, le dispositif comptait 25 122 places au 31 décembre 2024, réparties dans plus de 1 000 structures (cette statistique inclut les résidences accueil, dont je parle plus bas). Le deuxième plan Logement d'abord affiche l'objectif de créer 10 000 places supplémentaires d'ici 2027. C'est un objectif, pas un constat : je n'ai pas trouvé de bilan intermédiaire dans les documents consultés. Retenez surtout que l'État lui-même cherche à développer cette offre, et que le séjour n'étant pas limité dans le temps, personne n'est tenu de partir.

Qui peut entrer en pension de famille ? Les conditions d'admission

Il n'existe pas de grille unique du type « vous avez droit si vous remplissez les cases A, B et C ». Les textes décrivent un profil, et c'est ensuite l'évaluation sociale qui tranche. Le guide de l'Unafo reprend la circulaire interministérielle du 20 avril 2017 : les personnes accueillies peuvent cumuler quatre caractéristiques.

  • un faible niveau de ressources, issues pour l'essentiel de minima sociaux ;
  • une situation d'isolement affectif, familial ou social ;
  • un parcours antérieur fait de ruptures, et souvent de séjours à la rue ;
  • des difficultés de santé, physique, psychologique, voire psychiatrique, qui les fragilisent.

Le verbe compte : elles « peuvent » cumuler ces traits, il ne s'agit pas de critères à cocher. Le guide ajoute que la pension de famille n'est pas réservée à ceux qui sortent de la rue : elle peut aussi accueillir des personnes dans une logique de prévention du sans-abrisme, pour leur éviter un passage par l'hébergement.

Quelles ressources faut-il avoir ?

Le logement est financé par un prêt social, ce qui impose des plafonds de ressources. La DIHAL indique, en note, que le plafond du prêt locatif aidé d'intégration (PLAI) était de 11 626 euros par an pour une personne seule en 2022. Ces plafonds sont révisés chaque année : ce chiffre est un ordre de grandeur daté, pas le seuil en vigueur aujourd'hui, et le SIAO vous donnera le montant applicable. La même DIHAL pose une règle protectrice : une personne qui ne perçoit que le RSA doit pouvoir être accueillie en pension de famille. Autrement dit, des ressources très faibles ne sont pas un obstacle, c'est au contraire le public visé, à condition de pouvoir régler la redevance avec l'aide au logement. Si votre situation financière vous inquiète, un tour par notre page aides pour les personnes sans emploi permet de faire le point sur vos droits.

Qui n'est pas concerné ?

Le guide de la DIHAL est explicite sur trois points. La pension de famille n'a pas vocation à loger des familles avec enfants, qui doivent être orientées en priorité vers un logement autonome, même si l'on prévoit des droits de visite pour les parents. Elle s'adresse d'abord à des adultes seuls : certaines structures accueillent des couples, mais ces logements doivent rester minoritaires et justifiés par un besoin recensé. Enfin, elle ne peut pas se spécialiser sur un public unique, puisque la mixité des sexes, des âges et des parcours fait partie du projet. Et l'entrée doit résulter d'un choix : la personne doit souhaiter partager des règles de vie semi-collectives.

Un point reste ouvert : les conditions de séjour ou de nationalité. Je n'ai trouvé aucune règle nationale à ce sujet dans les documents officiels lus pour cet article, et je ne vais donc pas en inventer. Posez la question au SIAO de votre département, qui connaît les pratiques locales.

Comment entrer en pension de famille : le parcours en cinq étapes

L'accueil en pension de famille ne se fait pas automatiquement, dit le guide de l'Unafo : il suppose un travail de repérage et d'orientation par des prescripteurs, en lien avec les SIAO, qui valident en dernier ressort. Concrètement, le chemin ressemble à ceci.

  1. Parler à un travailleur social. Assistant social du CCAS ou du département, équipe d'une structure d'hébergement, service social d'un hôpital, service de tutelle : tous peuvent préconiser une orientation. C'est lui qui vous aide à constituer le dossier.
  2. Passer l'évaluation sociale. Le dossier décrit votre situation, vos difficultés, vos ressources et votre besoin d'accompagnement. Dans les Yvelines, la préfecture précise qu'un entretien avec un travailleur social vérifie que la pension de famille est bien la solution adaptée et que vous pourrez vous intégrer à la vie collective.
  3. L'orientation par le SIAO. Le service intégré d'accueil et d'orientation de votre département formule des propositions après évaluation sociale. L'orientation sur l'ensemble des places de pension de famille passe systématiquement par lui. Une part des places est réservée à l'État (30 % d'après une instruction de 2018 citée par l'Unafo), le reste étant orienté en concertation avec les gestionnaires.
  4. La décision du gestionnaire. L'association ou le bailleur qui gère la maison examine la proposition selon ses propres procédures, parfois en commission d'attribution. Il reste décisionnaire de l'admission et doit motiver ses refus auprès du SIAO, qui recommande alors une autre orientation.
  5. L'attribution d'une place. Elle dépend des disponibilités. À l'entrée, vous signez le contrat de résidence et recevez le règlement intérieur.

Aucun des documents consultés ne fixe de délai national entre le dépôt du dossier et l'entrée : tout dépend des places vacantes dans le département et de l'équilibre que le gestionnaire cherche pour sa maison. Demandez au travailleur social de relancer le SIAO plutôt que de rester dans l'attente.

Je n'ai pas de travailleur social : par où commencer ?

C'est le cas de beaucoup de monde, et le blocage est réel. Deux portes s'ouvrent. La première est le centre communal ou intercommunal d'action sociale (CCAS ou CIAS) de votre commune : Mon Parcours Handicap, le portail public d'information, rappelle qu'un travailleur social du CCAS peut faire le point sur vos difficultés et identifier les solutions, hébergement, aides financières et accompagnement. La seconde est le service social du département, ou celui de votre employeur si vous êtes salarié ou agent public.

Si vous êtes sans abri ou sur le point de l'être, le 115 reste l'entrée. Le numéro est gratuit et joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, depuis un fixe ou un mobile, même sans crédit. L'hébergement qu'il permet d'obtenir est temporaire, mais le Samu social peut vous orienter ensuite vers des dispositifs plus durables. Notre guide sur l'urgence logement et le 115 détaille ce circuit, et, en plein hiver, l'article sur le plan grand froid et l'hébergement d'urgence présente le dispositif de la saison. Dans le même esprit, si vous avez saisi ou comptez saisir la commission de médiation, regardez la page sur le recours DALO, qui comporte un volet hébergement.

Dernier conseil de méthode, un peu scolaire mais efficace : notez les noms, les dates et les numéros de dossier à chaque contact. Une demande de pension de famille traverse plusieurs mains (prescripteur, SIAO, gestionnaire), et un dossier bien tenu évite de recommencer l'évaluation à zéro.

Combien coûte une pension de famille ? La redevance et l'APL

Le résident ne paie pas un loyer au sens strict, mais une redevance. Selon la DIHAL, elle recouvre le loyer, les charges (eau, électricité, chauffage, ménage des parties communes, entretien des installations sanitaires) et les prestations obligatoires, le plus souvent le mobilier quand le logement est meublé. Les prestations facultatives, elles, sont facturées à part, doivent être réellement facultatives, et leurs prix sont affichés dans la maison : le résident peut y renoncer à tout moment.

Autre particularité qui protège : les charges sont fixées au forfait et ne font pas l'objet d'une régularisation sur les dépenses réelles, sauf pour l'eau sous certaines conditions. Pas de mauvaise surprise en fin d'année, donc, ce qui compte énormément quand le budget est serré. Voici les ordres de grandeur que donne la DIHAL dans son guide de mai 2025.

RepèreCe que dit la DIHAL (mai 2025)
Redevance mensuelle moyenneEntre 350 et 550 euros par logement
Reste à charge moyen constaté après APLEntre 80 et 150 euros par mois et par logement
Taux d'effort de référence à ne pas dépasserAutour de 30 %
Exemple d'une pension parisienne (Maison des Thermopyles)Redevance de 550 à 605 euros charges comprises, soit 50 à 120 euros en moyenne après aides

Ces chiffres sont des moyennes nationales et un exemple local, pas un barème : le montant exact figure dans le contrat de résidence, qui précise aussi le dépôt de garantie, et il varie selon la taille du logement et le conventionnement de la structure.

L'APL en pension de famille : comment ça marche ?

Service-public.gouv.fr indique, sur sa fiche APL consultée le 3 novembre 2026, que l'on peut demander l'aide personnalisée au logement en tant que résident d'un établissement, logement-foyer compris. Les pensions de famille sont conventionnées à l'APL dite « APL-foyer » : l'Unafo précise que l'occupation du logement ouvre droit à l'aide dès le premier mois plein d'occupation, et que la convention indique quelle part de la redevance est assimilée au loyer et aux charges, seule part prise en compte dans le calcul. Les hôtes suivent généralement les dossiers d'aide au logement pour prévenir les impayés, ce qui allège la démarche.

Pour comprendre la logique générale de l'aide, notre guide APL, ALF et ALS reste la référence, et la page montant de l'APL en 2026 donne les repères de calcul. Attention toutefois : notre simulateur est pensé pour un loyer de logement ordinaire, alors qu'en logement-foyer la convention définit sa propre base. Pour une estimation fiable, adressez-vous au gestionnaire ou à la Caf.

Combien de temps peut-on rester en pension de famille ?

La réponse est dans la définition : sans limitation de durée. Le résident est titulaire d'un contrat de résidence écrit, d'un mois, reconductible tacitement à sa seule volonté, dans les limites des conditions d'admission propres à la pension de famille et tant qu'il respecte ses obligations. La DIHAL le formule ainsi : le logement reste accessible aussi longtemps que la personne le souhaite.

Un contrat de résidence, pas un bail

L'Unafo explique que ce contrat est d'une nature particulière : il diffère du bail d'habitation de la loi du 6 juillet 1989, et seules les dispositions relatives à la décence des logements s'appliquent aux logements-foyers. Il fixe la date d'effet, les conditions de résiliation, le montant payé, les prestations incluses et annexes, le dépôt de garantie, ainsi que les locaux privatifs et collectifs. Le résident peut le résilier à tout moment avec un préavis de huit jours, selon ce même guide. Le gestionnaire, lui, peut y mettre fin dans les conditions de l'article R. 633-3 du code de la construction et de l'habitation si les obligations ne sont pas respectées. Je précise que le guide cité a été rédigé avec des références juridiques de 2019 : en cas de litige, ne vous fiez pas à un résumé, relisez votre contrat et demandez conseil à l'ADIL ou à un avocat.

Quels sont vos droits au quotidien ?

La DIHAL insiste sur le fait que la pension de famille offre d'abord un chez-soi : les résidents ont droit au respect de leur vie privée et ne doivent pas être soumis à des injonctions de suivi, d'évaluation ou de visite dans le logement. Elle demande que les règlements intérieurs respectent plusieurs principes : l'équipe n'entre pas dans les logements sauf urgence absolue, les animaux domestiques sont autorisés, la consommation d'alcool ne peut pas être interdite dans les espaces privatifs, et la réglementation sur l'expulsion locative est respectée. Il s'agit de consignes de l'administration aux gestionnaires, donc du cadre auquel ils sont censés se conformer : en cas de doute sur une clause de votre règlement, faites-la examiner.

Le règlement intérieur est annexé au contrat et vous est présenté à l'entrée. Il doit prévoir les modalités de concertation, d'accès au bâtiment et d'hébergement de tiers. Un conseil de concertation, où siègent des représentants des résidents, n'est obligatoire qu'à partir de 30 résidents d'après l'Unafo : en pension de famille, il est donc facultatif, mais certaines maisons ont leur comité de résidents et le font évoluer, par exemple pour fixer les règles d'accueil des animaux.

La vie à l'intérieur : studios, espaces communs et hôtes

Côté logement, la DIHAL décrit essentiellement des studios, de types T1 et T1', avec un coin cuisine équipé et une salle de bain individuelle avec sanitaires, pour que chacun vive en toute autonomie. La taille recommandée de la structure est d'environ 25 places au maximum, avec une moyenne de 20 à 25 logements. Les espaces communs (salle de séjour, cuisine, parfois jardin ou laverie) servent aux repas partagés, aux ateliers et aux rencontres.

Un studio meublé avec coin cuisine et lumière du jour
Un studio individuel, avec coin cuisine.

Que font les hôtes ?

Chaque maison compte en général deux postes d'hôtes à temps plein pour 20 à 25 logements, financés par l'État. Leurs missions, d'après la DIHAL et l'Unafo : aider à la vie quotidienne, orienter vers les services sociaux et de santé, exercer une veille et alerter quand c'est nécessaire, organiser des activités collectives, gérer l'accueil et le suivi des dossiers d'aide au logement. Ils ne sont pas systématiquement des travailleurs sociaux : ce peut être des animateurs socioculturels ou des responsables de résidence. Leur objectif est de créer une atmosphère sécurisante, pas de surveiller.

Et le suivi social ou médical ?

La pension de famille n'est ni un centre de soins ni un établissement médico-social. Le suivi social, professionnel et médical est généralement assuré à l'extérieur, dans le cadre de partenariats avec le CCAS, les services d'accompagnement, les hôpitaux ou les associations. En résidence accueil, des conventions avec des services d'accompagnement à la vie sociale, des services médico-sociaux pour adultes handicapés et le secteur psychiatrique permettent un suivi renforcé. Si vous êtes bénéficiaire de l'allocation aux adultes handicapés, notre article sur l'AAH et l'APL explique comment l'aide au logement se combine avec cette allocation, et celui sur le logement social et le handicap couvre les démarches MDPH.

Pension de famille, hébergement d'urgence, résidence sociale, HLM : lequel pour qui ?

La confusion entre ces dispositifs est fréquente, y compris chez ceux qui les connaissent de loin. Voici une comparaison volontairement simple, bâtie sur les définitions officielles citées dans cet article.

DispositifDuréeStatut de l'occupantComment y accéder
Hébergement d'urgence (CHU, hôtel)TemporaireNi bail ni titre d'occupationSouvent via le 115
CHRS (insertion)Prise en charge plus longue, vers l'autonomieHébergement avec accompagnementSouvent après un appel au 115
Résidence sociale, FJTLogement temporaire, un mois à deux ans maximum en généralContrat de résidence d'un mois renouvelableOrientation par un travailleur social ou un service logement
Pension de famille, maison relaisSans limitation de duréeContrat de résidence d'un mois renouvelableOrientation par le SIAO, décision du gestionnaire
Logement social (HLM)Bail illimité, droit au maintien dans les lieuxLocataireDemande de logement social sur le portail officiel

Le CHRS, la résidence sociale et la pension de famille se ressemblent par leur côté collectif, mais ils ne répondent pas au même besoin. Le CHRS convient à celui qui a besoin d'un accompagnement lourd pour reconstruire un projet. La résidence sociale accueille souvent des personnes en transition vers un logement autonome. La pension de famille s'adresse à ceux pour qui un logement ordinaire reste hors de portée à moyen terme, sans qu'une prise en charge lourde soit nécessaire. Le logement social classique, enfin, n'offre pas de travailleurs sociaux dédiés : la majorité des bailleurs disposent de conseillères sociales, comme le rappelle Mon Parcours Handicap. Pour comprendre comment fonctionne ce parc, lisez notre guide sur le logement social HLM.

Et après ? Rester, ou viser un logement ordinaire

La pension de famille n'est pas une étape obligée vers autre chose. Elle a été conçue comme un logement pérenne, et le guide de la DIHAL le répète : la personne peut y rester aussi longtemps qu'elle le souhaite, y compris pour y vieillir sereinement, d'où l'attention portée à l'ascenseur et aux sanitaires accessibles dans les projets. Nul n'est donc poussé dehors parce qu'il va mieux.

Certains résidents souhaitent malgré tout retrouver un logement ordinaire. Rien n'interdit alors de déposer une demande de logement social en parallèle : elle se fait en ligne sur le portail officiel, et nous détaillons les étapes dans notre guide demande HLM, étape par étape, ainsi que la façon dont fonctionne le numéro unique d'enregistrement. Reste une question que je préfère ne pas trancher à votre place : un résident de pension de famille bénéficie-t-il d'un traitement prioritaire ? Les documents officiels que j'ai lus ne le disent pas, et les critères de priorité dépendent de chaque département. Notre page sur le logement social prioritaire liste les situations reconnues, et les hôtes ou le travailleur social qui vous suit sauront dire ce qu'il en est localement.

Si votre besoin est plutôt un logement du parc privé avec un accompagnement à l'entrée, regardez aussi l'intermédiation locative et le bail glissant, une autre porte vers l'autonomie.

Les erreurs et les idées reçues à éviter

  • Croire que c'est une pension de vacances ou un hébergement de passage. C'est un logement sans limite de durée. Mon avis, assumé : c'est l'un des dispositifs les plus mal nommés du logement social, et ce nom coûte des demandes à ceux qui le jugent d'emblée inadapté.
  • Penser qu'il faut avoir dormi à la rue pour y prétendre. Le guide de l'Unafo et la DIHAL parlent aussi de prévention du sans-abrisme : l'entrée peut éviter un passage par l'hébergement.
  • Croire qu'on peut candidater seul. L'orientation passe par un prescripteur et le SIAO. Appeler directement le gestionnaire peut servir à s'informer, pas à se faire admettre.
  • S'attendre à un accompagnement médical. Les hôtes ne sont pas des soignants, et même en résidence accueil le soin vient de partenaires extérieurs.
  • Imaginer que « sans limite de durée » veut dire « sans règles ». Le contrat de résidence et le règlement intérieur s'appliquent, et le gestionnaire peut y mettre fin dans les conditions fixées par les textes.
  • Négliger la demande d'APL. L'aide ne se déclenche pas toute seule : le dossier doit être déposé, avec l'appui des hôtes, dès l'entrée dans les lieux.

Si vous accompagnez un proche, retenez une idée simple : le meilleur point de départ est le travailleur social qui connaît sa situation, et à défaut le CCAS. Pour aller plus loin sur l'ensemble des aides selon votre profil, notre page aides par situation propose un tour d'horizon, et pour une difficulté de paiement immédiate, le FSL peut intervenir.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une maison relais ?

Une maison relais est une pension de famille : les deux noms désignent le même établissement. Il s'agit d'une petite structure de logements individuels, avec des espaces communs et un ou plusieurs hôtes présents au quotidien, destinée à des personnes seules, à faibles ressources, que l'isolement ou un parcours chaotique empêche d'accéder à un logement ordinaire. Le séjour n'est pas limité dans le temps. Le nom « pension de famille » est celui que la loi du 25 mars 2009 a retenu dans le code de la construction et de l'habitation, « maison relais » venant d'une circulaire de 2002.

Comment fonctionne une pension de famille au quotidien ?

Chaque résident occupe son propre logement, le plus souvent un studio avec coin cuisine et salle de bain, et signe un contrat de résidence d'un mois renouvelé tacitement. Il verse une redevance qui regroupe le loyer, les charges et le mobilier, et il peut demander l'APL. Des espaces communs permettent de se retrouver, parfois autour d'un repas partagé. Deux hôtes environ, financés par l'État, animent la vie collective, orientent vers les services sociaux et de santé et repèrent les difficultés. Le suivi social, médical ou professionnel, lui, est généralement assuré à l'extérieur par des partenaires.

Comment intégrer une maison relais ?

On n'y entre pas par une candidature spontanée, mais par une orientation. Un travailleur social (CCAS, service social de secteur, structure d'hébergement, hôpital) réalise une évaluation sociale et constitue le dossier. Le SIAO du département valide l'orientation, puis le gestionnaire de la pension examine la proposition, parfois en commission d'attribution, et décide de l'admission selon les places disponibles. La démarche et les délais varient selon les départements : le SIAO ou le travailleur social qui vous suit vous donnera le circuit local.

Quelle différence entre une pension de famille et une résidence accueil ?

La résidence accueil est une pension de famille adaptée à des personnes en situation de handicap psychique, dont l'état de santé est suffisamment stabilisé pour vivre en logement autonome mais nécessite un suivi renforcé. Elle repose sur des conventions avec des services d'accompagnement et avec le secteur psychiatrique. Une reconnaissance par la MDPH n'est pas exigée pour y entrer, d'après le guide de l'Unafo. La DIHAL précise toutefois que ce n'est pas un dispositif médico-social : aucune prise en charge spécifique n'y est assurée par la structure elle-même.

Quelle différence entre une résidence sociale et une pension de famille ?

La pension de famille est une forme de résidence sociale, comme le foyer de jeunes travailleurs. Ce qui la distingue, c'est qu'elle accueille sans condition de durée des personnes isolées et fragiles, avec des hôtes sur place, alors que la résidence sociale classique est présentée par Mon Parcours Handicap comme une solution de logement temporaire, avec un accueil qui varie généralement d'un mois à deux ans maximum. Dans les deux cas, le résident signe un contrat de résidence d'un mois renouvelable, et non un bail classique.

Combien coûte une pension de famille, et peut-on avoir l'APL ?

Le résident paie une redevance mensuelle qui comprend le loyer, les charges et le mobilier. Selon le guide de la DIHAL de mai 2025, elle s'établit en moyenne entre 350 et 550 euros par mois et par logement, et le reste à charge moyen constaté après aide se situe entre 80 et 150 euros. Les logements étant conventionnés à l'APL, le résident peut demander l'aide au logement, versée dès le premier mois plein d'occupation d'après l'Unafo. Le montant réel dépend de la structure, du logement et de vos ressources : le gestionnaire ou la Caf peuvent vous le préciser.

Combien de temps peut-on rester en pension de famille ?

Aussi longtemps que vous le souhaitez, dans les limites du contrat de résidence : l'accueil se fait sans limitation de durée, avec un contrat d'un mois qui se renouvelle tacitement. Vous pouvez partir quand vous voulez, avec un préavis de huit jours d'après le guide de l'Unafo. Le gestionnaire ne peut mettre fin au contrat que dans les conditions prévues par le code de la construction et de l'habitation, par exemple si les obligations du contrat ne sont pas respectées.

Mis à jour le 20 novembre 2026 · Informations vérifiées sur les sources publiques officielles.

Sources officielles

Ce site est informatif et indépendant. Il ne remplace pas les organismes officiels (CAF, ANIL, service-public.gouv.fr) et ne traite aucune demande à leur place. Pour un conseil gratuit et personnalisé sur le logement, contactez votre ADIL.

Rédigé par

Thomas Mercier

Rédacteur spécialisé logement social & demande HLM

Thomas Mercier suit les démarches d'accès au logement social : demande de HLM, numéro unique, critères de priorité, recours DALO et rôle des bailleurs. Il s'appuie sur les textes officiels (code de la construction, demande-logement-social.gouv.fr, ANIL) et les données publiques du parc social.

Poursuivre vos démarches de logement

Comparez les dispositifs et trouvez l'aide adaptée à votre situation, où que vous habitiez en France.

APL, ALF et ALS Montant de l'APL 2026 Logement conventionné Simulateur APL Demande de HLM Demande HLM (étapes) Fonds de solidarité (FSL) Urgence logement Trêve hivernale Aides aux locataires Propriétaires modestes Propriétaire bailleur Prime de déménagement CAF Aides aux étudiants APL en colocation Recours DALO Logement prioritaire Bailleurs sociaux Aides par situation Garantie Visale & Loca-Pass Aide Mobili-Jeune Montant APL étudiant Chèque énergie Louer sans garant Visale refusée, que faire Garant payant en ligne Restituer le dépôt de garantie Logement décent & passoire Encadrement des loyers Démarches de déménagement Aide internet & téléphone Assurance habitation Dépôt de garantie & Loca-Pass Cotation de la demande HLM Procédure d'expulsion Visale, GLI ou caution Commission d'attribution Aide mobilité / déménagement Équiper son logement Charges locatives HLM Foyer jeunes travailleurs Logement intermédiaire (LLI) Bail réel solidaire (BRS) Réparations : qui paie ? État des lieux Logement indigne / insalubre PLAI, PLUS, PLS Attestation d'hébergement Justificatif de domicile Garantie loyers impayés (GLI) Révision de loyer Quittance de loyer Calendrier de paiement CAF Augmentation de loyer 2026 Taxe foncière 2026 Contrat de bail Action Logement Prime de Noël Chauffage collectif Caution bancaire Attestation de loyer CAF Numéro unique HLM Logement social étudiant Bail mobilité PSLA location-accession APL étudiant étranger Cohabitation intergénérationnelle Chambre chez l'habitant Complémentaire santé solidaire Mutuelle pas chère Mutuelle demandeur d'emploi Sans emploi Étudiant Personne âgée Famille monoparentale Logement social par département