Impôts et logement

Taxe foncière 2026 : calcul, exonérations et dates de paiement

La taxe foncière arrive chaque automne sans prévenir et son montant surprend souvent. En 2026, la revalorisation nationale est modérée (+0,8 %), mais votre commune a pu voter une hausse de taux. Ce guide vous explique comment elle est calculée, qui peut en être exonéré et comment réagir si le montant vous semble trop élevé.

Mis à jour le 16 septembre 2026 · Par Sarah Lemoine

Vue aérienne d'un quartier résidentiel avec maisons et toitures

En résumé

  • Revalorisation 2026 : +0,8 %, le coefficient le plus bas depuis 2021.
  • Date limite : 15 octobre (paiement classique) ou 20 octobre (en ligne).
  • Exonération totale : propriétaires de 75 ans et plus sous plafond de revenus, bénéficiaires de l'ASPA, de l'ASI ou de l'AAH.
  • Réduction de 100 euros : propriétaires entre 65 et 74 ans sous conditions de revenus.
  • Locataire : la taxe foncière ne vous concerne pas directement, seule la TEOM peut vous être réclamée dans les charges.

Qu'est-ce que la taxe foncière ?

La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est un impôt local payé chaque année par le propriétaire d'un bien immobilier, qu'il l'occupe ou non. Elle finance les services de la commune et de l'intercommunalité : voirie, écoles, espaces verts, équipements publics.

Le montant dépend de deux paramètres : la valeur locative cadastrale du logement (une estimation théorique du loyer annuel, fixée par l'administration fiscale) et le taux voté par la collectivité locale. C'est ce double mécanisme qui explique les écarts considérables d'une ville à l'autre : à logement équivalent, la taxe peut varier du simple au triple selon la commune.

Un point que beaucoup de propriétaires ignorent : la taxe foncière est due même si le logement est vacant. C'est une charge fixe qui pèse sur le bien, pas sur son occupation.

Qui paie la taxe foncière ?

Le principe est simple : c'est le propriétaire du bien au 1er janvier de l'année d'imposition qui paie. Si vous avez acheté un logement en mars 2026, c'est l'ancien propriétaire qui reçoit l'avis pour 2026. En pratique, le notaire prévoit souvent un prorata dans l'acte de vente, mais ce partage est conventionnel, pas légal.

Et le locataire ?

Le locataire ne paie jamais la taxe foncière. Aucune clause du bail ne peut la mettre à sa charge. En revanche, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), qui figure sur le même avis d'imposition, peut être récupérée par le propriétaire dans les charges locatives. Cette distinction est importante : si votre propriétaire vous facture la « taxe foncière » dans vos charges, il est dans l'illégalité.

En logement social

En HLM, c'est le bailleur social qui paie la taxe foncière. Certains bailleurs bénéficient d'exonérations de longue durée (15 à 25 ans) sur les constructions neuves destinées au logement social, ce qui contribue à maintenir les loyers bas. La TEOM, elle, est bien répercutée dans vos charges locatives.

Comment est calculée la taxe foncière

Le calcul suit trois étapes, toutes fixées par la loi :

1. La valeur locative cadastrale : l'administration estime le loyer théorique annuel de votre logement en multipliant sa surface pondérée par un tarif au mètre carré, qui tient compte de la catégorie du bien, de son confort et de sa localisation. Cette valeur est revalorisée chaque année par un coefficient fixé dans la loi de finances.

2. La base d'imposition : la valeur locative est réduite de moitié par un abattement forfaitaire de 50 %. C'est cette base qui sert au calcul de l'impôt.

3. L'application du taux : la base d'imposition est multipliée par le taux voté par la commune et l'intercommunalité.

Taxe foncière = (Valeur locative × 50 %) × Taux communal

Exemple concret

Un appartement de 70 m² dont la surface pondérée est évaluée à 12,50 euros le mètre carré a une valeur locative de 875 euros. Après abattement de 50 %, la base d'imposition est de 437,50 euros. Si le taux communal total est de 40 %, la taxe foncière s'élève à 175 euros. Dans une commune voisine avec un taux de 55 %, ce même logement paierait 240 euros.

Ce qui change en 2026

Chaque année, les valeurs locatives cadastrales sont revalorisées par un coefficient national, indexé sur l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). Pour 2026, ce coefficient est de +0,8 %, le plus faible depuis 2021. À titre de comparaison, il était de +3,9 % en 2024 et de +7,1 % en 2023.

Cela signifie qu'à taux communal inchangé, votre taxe foncière augmente mécaniquement de 0,8 %. Si votre commune a également voté une hausse de son taux, les deux effets se cumulent. Selon l'Observatoire national des taxes foncières, la hausse cumulée entre 2014 et 2024 a atteint 37,3 % en moyenne sur l'ensemble du territoire.

+0,8 %Revalorisation nationale 2026
20 oct.Date limite de paiement en ligne
12 793 €Plafond de revenus (1 part) pour exonération

Dates de la taxe foncière 2026

ÉtapeDateDétail
Mise en ligne de l'avis27 août 2026Contribuables non mensualisés
Mise en ligne de l'avis19 septembre 2026Contribuables mensualisés
Date limite (chèque, virement)15 octobre 2026Taxes inférieures ou égales à 300 euros
Date limite (paiement en ligne)20 octobre 2026Sans plafond de montant

Si votre taxe foncière dépasse 300 euros, vous devez obligatoirement régler en ligne ou par prélèvement. Le paiement par chèque ou par TIP n'est plus accepté au-delà de ce seuil.

Vous pouvez consulter votre avis sur votre espace personnel à l'adresse impots.gouv.fr, rubrique « Mes documents ». Si vous ne trouvez pas votre avis, contactez votre centre des finances publiques.

Exonérations : qui peut ne pas payer la taxe foncière ?

Plusieurs catégories de propriétaires peuvent être exonérées totalement ou partiellement de la taxe foncière sur leur habitation principale. Ces exonérations sont automatiques si l'administration dispose des informations nécessaires, mais il arrive qu'elles ne soient pas appliquées.

Exonération totale (75 ans et plus)

Si vous avez 75 ans ou plus au 1er janvier 2026 et que votre revenu fiscal de référence (RFR) de 2025 ne dépasse pas les plafonds ci-dessous, vous êtes exonéré de taxe foncière sur votre résidence principale :

  • 1 part fiscale : 12 793 euros
  • 1,5 part : 16 209 euros
  • 2 parts : 19 625 euros
  • 2,5 parts : 23 041 euros

Cette exonération s'étend à la résidence secondaire si vous y habitez effectivement.

Bénéficiaires de l'ASPA, de l'ASI ou de l'AAH

Vous percevez l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), l'allocation supplémentaire d'invalidité (ASI) ou l'allocation aux adultes handicapés (AAH) ? Vous êtes exonéré de taxe foncière sur votre habitation principale, quel que soit votre âge, à condition que vos revenus respectent les mêmes plafonds.

Réduction de 100 euros (65-74 ans)

Si vous avez entre 65 et 74 ans au 1er janvier 2026 et que vos revenus ne dépassent pas les plafonds d'exonération, vous bénéficiez d'un dégrèvement automatique de 100 euros sur votre habitation principale.

Constructions neuves et rénovation énergétique

Les logements neufs bénéficient d'une exonération de deux ans à compter de l'achèvement des travaux, sur simple déclaration dans les 90 jours suivant la fin du chantier. Les propriétaires qui engagent des travaux de rénovation énergétique dépassant 10 000 euros de dépenses par an peuvent obtenir une exonération de trois ans, et jusqu'à cinq ans pour les logements à haute performance énergétique, si la commune a voté cette disposition.

Le plafonnement selon les revenus

Même si vous ne remplissez pas les conditions d'âge pour une exonération totale, un mécanisme de plafonnement peut alléger votre taxe foncière. Si votre revenu fiscal de référence ne dépasse pas certains seuils, la part de taxe foncière qui excède 50 % de vos revenus fait l'objet d'un dégrèvement.

Les plafonds de revenus pour le plafonnement en métropole (revenus 2025) :

  • 1 part fiscale : 30 083 euros
  • 1,5 part : 37 112 euros
  • 2 parts : 42 645 euros

Ce dégrèvement est calculé automatiquement par l'administration. Il ne porte que sur l'habitation principale et ne couvre pas la TEOM. Si vous estimez y avoir droit et qu'il n'a pas été appliqué, faites une réclamation depuis votre espace impots.gouv.fr.

Pour les propriétaires en difficulté financière, il est aussi possible de demander une remise gracieuse partielle ou totale auprès du service des impôts. Cette demande est instruite au cas par cas et n'est pas un droit, mais elle est régulièrement accordée aux personnes en situation de précarité.

Résidents en maison de retraite ou en Ehpad

Si vous avez quitté votre logement pour entrer en maison de retraite ou en Ehpad, vous pouvez conserver l'exonération de taxe foncière sur votre ancien domicile, à condition de remplir les critères d'âge ou de percevoir l'ASPA, l'ASI ou l'AAH, et que le logement reste inoccupé. Cette disposition évite de pénaliser les personnes âgées qui conservent leur logement sans pouvoir l'habiter.

Pensez à signaler votre changement de situation à votre centre des finances publiques pour que l'exonération soit maintenue.

Comment vérifier et contester votre avis

Votre avis de taxe foncière détaille la valeur locative cadastrale, la base d'imposition après abattement, les taux appliqués et les éventuelles exonérations. Si le montant vous semble anormal, plusieurs vérifications s'imposent.

Vérifiez la surface

La valeur locative repose sur la surface pondérée de votre logement. Si celle-ci est surévaluée (prise en compte d'une dépendance, d'un garage ou d'une surface erronée), votre taxe est gonflée. Comparez avec la surface réelle de votre logement et, en cas d'écart, signalez-le via le service « Gérer mes biens immobiliers » sur impots.gouv.fr.

Vérifiez l'exonération

Si vous remplissez les conditions d'exonération (âge, revenus, ASPA/ASI/AAH) mais que votre avis ne mentionne aucun dégrèvement, adressez une réclamation depuis votre espace personnel. Vous avez jusqu'au 31 décembre de l'année suivant la mise en recouvrement pour contester.

Demandez un délai ou une remise

En cas de difficulté de paiement, ne laissez pas la situation se dégrader. Vous pouvez demander un délai de paiement ou une remise gracieuse directement en ligne. Les aides aux propriétaires modestes peuvent aussi vous aider à faire face à vos charges de logement.

Taxe foncière et aides au logement : quel lien ?

La taxe foncière n'entre pas dans le calcul des aides au logement versées par la CAF (APL, ALF, ALS), puisque celles-ci sont destinées aux locataires. En revanche, pour les propriétaires occupants modestes, le poids de la taxe foncière s'ajoute aux mensualités de crédit et aux charges de copropriété, ce qui peut fragiliser l'équilibre budgétaire.

Si vous êtes propriétaire et que vos ressources sont limitées, plusieurs dispositifs existent au-delà de l'exonération de taxe foncière : l'APL accession (pour les prêts signés avant 2020), les aides de l'Anah pour la rénovation, ou les aides locales de votre commune. N'hésitez pas à consulter votre profil d'aides par situation pour un panorama complet.

Questions fréquentes

Quand arrive l'avis de taxe foncière 2026 ?

Les avis de taxe foncière 2026 sont mis en ligne à partir du 27 août pour les contribuables non mensualisés et à partir du 19 septembre pour les mensualisés. La date limite de paiement est fixée au 15 octobre 2026 (paiement classique) ou au 20 octobre 2026 (paiement en ligne).

Comment est calculée la taxe foncière ?

La taxe foncière se calcule en trois étapes : la valeur locative cadastrale du bien est d'abord déterminée (surface pondérée multipliée par le tarif au mètre carré), puis réduite de 50 % par un abattement forfaitaire pour obtenir la base d'imposition, et enfin multipliée par le taux voté par la commune et l'intercommunalité.

De combien la taxe foncière augmente-t-elle en 2026 ?

Le coefficient de revalorisation des valeurs locatives cadastrales est de +0,8 % en 2026, le plus faible depuis 2021. À taux communal constant, la taxe foncière augmente donc de 0,8 % en moyenne. Toute hausse supérieure résulte d'une décision de la commune ou de l'intercommunalité.

Qui est exonéré de taxe foncière en 2026 ?

Les propriétaires de 75 ans ou plus dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 12 793 euros pour une part sont exonérés, ainsi que les bénéficiaires de l'ASPA, de l'ASI ou de l'AAH, quel que soit leur âge. Les propriétaires entre 65 et 74 ans sous conditions de revenus bénéficient d'une réduction de 100 euros.

Le locataire doit-il payer la taxe foncière ?

Non, la taxe foncière est à la charge exclusive du propriétaire. Le locataire ne la paie jamais directement. Toutefois, en logement social, une partie des charges locatives sert à financer la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), qui figure sur le même avis que la taxe foncière mais reste distincte.

Comment demander une exonération de taxe foncière ?

Si vous remplissez les conditions d'âge et de revenus, l'exonération est normalement appliquée automatiquement par l'administration fiscale. Si ce n'est pas le cas, adressez une réclamation depuis votre espace personnel sur impots.gouv.fr ou auprès de votre centre des finances publiques avant le 31 décembre de l'année suivant la mise en recouvrement.

Mis à jour le 16 septembre 2026 · Informations vérifiées sur les sources publiques officielles.

Sources officielles

Ce site est informatif et indépendant. Il ne remplace pas les organismes officiels (CAF, ANIL, service-public.gouv.fr) et ne traite aucune demande à leur place. Pour un conseil gratuit et personnalisé sur le logement, contactez votre ADIL.

Rédigé par

Sarah Lemoine

Rédactrice spécialisée APL & aides de la CAF

Sarah Lemoine décrypte les aides au logement de la CAF — APL, ALS, ALF — leurs montants et leurs conditions. Elle s'appuie exclusivement sur les barèmes officiels (service-public.gouv.fr, CAF) et renvoie au simulateur officiel dès qu'un montant dépend de la situation.

Poursuivre vos démarches de logement

Comparez les dispositifs et trouvez l'aide adaptée à votre situation, où que vous habitiez en France.