Logement locatif intermédiaire (LLI) 2026 : pour qui, quels plafonds
Trop « riche » pour un HLM, mais pas assez pour le marché libre ? C'est exactement la situation que vise le logement locatif intermédiaire (LLI) : un loyer réglementé, environ 20 % sous le prix du marché, pour les ménages aux revenus moyens. Voici, sans jargon, comment il fonctionne, les plafonds 2026, les zones concernées et comment y accéder.
Mis à jour le 3 septembre 2026 · Par Thomas Mercier
En résumé
- Le LLI : un logement au loyer réglementé, entre le HLM et le privé.
- Loyer : environ 20 % sous le marché, plafonné par décret selon la zone.
- Pour qui : les ménages au-dessus des plafonds HLM mais aux revenus intermédiaires.
- Plafonds 2026 : selon zone et foyer, sur le RFR 2024 (ex. ~43 953 €/an pour une personne seule en zone A).
- Zones : surtout A, A bis et B1 (Paris, grandes métropoles).
Qu'est-ce que le logement locatif intermédiaire ?
Le logement locatif intermédiaire (LLI) est, comme son nom l'indique, un logement « entre deux » : entre le logement social et le parc privé classique. Son loyer est réglementé et plafonné, ce qui le rend nettement moins cher que le marché libre, tout en restant au-dessus des loyers du HLM.
L'objectif du dispositif est de répondre à un angle mort du logement : les ménages dont les revenus dépassent les plafonds du logement social, mais pour qui les loyers du privé, dans les grandes villes, restent difficilement supportables. Le LLI vise typiquement les classes moyennes des zones tendues.
Entre HLM et privé : est-ce pour vous ?
Le LLI s'adresse à un profil précis. Vous êtes potentiellement concerné si :
- vos revenus dépassent les plafonds du logement social (vous n'êtes pas prioritaire, voire pas éligible en HLM) ;
- vous vivez ou souhaitez vous installer dans une zone tendue où les loyers du privé sont élevés ;
- vous cherchez un logement récent et de qualité, à un loyer maîtrisé.
Si, au contraire, vos ressources sont sous les plafonds HLM, c'est vers le logement social qu'il faut vous tourner en priorité, car le loyer y est plus bas. Le LLI n'est pas un logement « social » au sens strict : c'est une offre intermédiaire, sans les mêmes conditions de priorité.
Les plafonds de ressources 2026
L'accès au LLI est soumis à des plafonds de ressources, appréciés sur le revenu fiscal de référence (RFR) de l'année N-2 : pour une demande en 2026, c'est le RFR de 2024 (avis d'imposition 2025). Les plafonds dépendent de la zone et de la composition du foyer. À titre d'exemple, d'après les barèmes publiés (source seloger.com et lli.immo) : une personne seule en zone A a un plafond d'environ 43 953 €/an (autour de 44 344 € en zone A bis), et un foyer de quatre personnes en zone A, environ 95 427 €. Ces montants sont nettement supérieurs à ceux du logement social, ce qui explique que le LLI vise des revenus moyens, pas les plus modestes. Vérifiez toujours le plafond exact correspondant à votre zone et à votre foyer avant de candidater.
Des loyers plafonnés, environ 20 % sous le marché
Le principal avantage du LLI, c'est son loyer. Les plafonds de loyers sont fixés par décret et varient selon la localisation (zones A, A bis, B1). Ils sont révisés chaque année et garantissent des loyers inférieurs à ceux du marché libre, de l'ordre de 20 % de moins en moyenne.
Sur un budget logement, cet écart est loin d'être anecdotique : dans une métropole où le marché est cher, 20 % de loyer en moins représente plusieurs centaines d'euros d'économie par mois. À la différence du HLM, le LLI n'ouvre toutefois pas systématiquement droit aux mêmes aides : renseignez-vous, selon votre situation, sur votre éligibilité à l'APL et utilisez le simulateur pour estimer votre reste à charge.
Les zones concernées
Le LLI n'existe pas partout : il est concentré dans les bassins d'emploi dynamiques, là où l'écart entre les loyers du marché et les capacités des ménages intermédiaires est le plus marqué. Les zones concernées sont principalement :
- Zone A bis : Paris et sa proche couronne, les secteurs les plus tendus.
- Zone A : le reste de l'agglomération parisienne, la Côte d'Azur, le Genevois français, certaines grandes agglomérations.
- Zone B1 : les grandes métropoles régionales (Lyon, Lille, Bordeaux, etc.) et certaines villes chères.
Si vous habitez une zone détendue, l'offre de LLI sera limitée, tout simplement parce que le besoin y est moindre : les loyers du privé y sont déjà plus proches de ceux du parc régulé. Pour savoir si votre commune est classée en zone tendue, consultez le simulateur du ministère du Logement ou renseignez-vous auprès de votre mairie, qui dispose de la cartographie à jour.
Comment accéder à un LLI
- Vérifiez votre éligibilité : comparez votre RFR 2024 au plafond de votre zone et de votre foyer.
- Repérez les programmes : les LLI sont proposés par des bailleurs institutionnels, des filiales d'Action Logement et des investisseurs, souvent dans des immeubles neufs.
- Constituez un dossier locatif solide : avis d'imposition, justificatifs de revenus, pièces d'identité. Le logement doit être votre résidence principale.
- Renseignez-vous auprès d'Action Logement si vous êtes salarié : certains LLI sont accessibles via ce canal, notamment pour les salariés d'entreprises du secteur privé.
Le LLI peut être une excellente solution de repli si l'on vous a refusé un HLM pour dépassement de plafonds : plutôt que de subir un loyer de marché, vous accédez à un logement récent à prix maîtrisé. C'est aussi une piste à connaître en complément de notre guide logement conventionné.
Le bail en LLI : durée et renouvellement
Le bail d'un logement locatif intermédiaire suit les règles classiques de la location nue : une durée minimale de trois ans lorsque le bailleur est une personne morale (ce qui est presque toujours le cas dans le LLI), renouvelable tacitement. Le locataire bénéficie des mêmes protections que dans le parc privé : droit au renouvellement, encadrement du congé, préavis de départ selon la zone.
Le loyer reste plafonné pendant toute la durée du bail. Sa révision annuelle est encadrée par l'indice de référence des loyers (IRL), ce qui empêche les hausses brutales. Si vos revenus augmentent et dépassent les plafonds en cours de bail, vous n'êtes pas expulsé : la condition de ressources est vérifiée à l'entrée, pas chaque année.
En revanche, si vous quittez le logement et souhaitez en reprendre un autre en LLI, vos revenus seront à nouveau examinés au moment de la nouvelle candidature. Le préavis de départ suit les règles classiques : trois mois en zone non tendue, un mois en zone tendue, par lettre recommandée ou remise en main propre contre récépissé.
Action Logement : un accès privilégié
Action Logement est l'un des principaux acteurs du logement locatif intermédiaire. Cet organisme, financé par les cotisations des entreprises du secteur privé, développe et gère une partie du parc LLI, notamment via sa filiale IN'LI en Ile-de-France.
Si vous êtes salarié d'une entreprise de plus de dix salariés, vous avez potentiellement accès à un canal de candidature réservé, avec des délais souvent plus courts que sur le marché libre. La démarche passe par la plateforme d'Action Logement ou directement par le service RH de votre employeur, qui peut faciliter la mise en relation.
Les fonctionnaires et agents publics ne relèvent pas d'Action Logement, mais certains ministères disposent de contingents de logements intermédiaires accessibles par d'autres voies. Renseignez-vous auprès de votre service des ressources humaines. Certains organismes proposent aussi des logements intermédiaires dans le cadre de conventions avec les collectivités locales, accessibles sans condition de statut professionnel.
Erreurs à éviter
- Ne pas vérifier sa zone : le LLI n'existe pas partout. Avant de chercher un programme, confirmez que votre commune est en zone A, A bis ou B1.
- Confondre LLI et logement social : le LLI est une offre intermédiaire, sans les mêmes priorités ni les mêmes délais que le HLM. Ne renoncez pas à votre demande de logement social si vous y êtes éligible.
- Oublier Action Logement : si vous êtes salarié du privé, c'est souvent la voie la plus directe pour accéder à un LLI. Ne cherchez pas uniquement sur les sites d'annonces classiques.
- Négliger le reste à charge : le loyer est plus bas que le marché, mais vérifiez votre éligibilité à l'APL et estimez le reste à charge réel avant de vous engager.
- Ne pas garder sa demande HLM active : si vous êtes en limite de plafond, une baisse de revenus peut vous rendre éligible au logement social, dont le loyer est encore plus bas.
LLI, HLM, privé : comment choisir
Pour situer le LLI par rapport aux autres options :
- HLM : loyer le plus bas, mais réservé sous plafonds de ressources modestes, avec des délais d'attente parfois longs.
- LLI : loyer intermédiaire (environ 20 % sous le marché), pour des revenus moyens, souvent dans du neuf, avec moins d'attente.
- Privé libre : aucune condition de ressources, mais loyer plein tarif et exigences de garanties plus fortes.
Le bon réflexe : tester d'abord votre éligibilité au HLM (le moins cher), puis regarder le LLI si vos revenus vous en excluent, avant de vous rabattre sur le privé. Chaque étage a sa logique, et le LLI comble utilement le vide entre les deux autres. N'hésitez pas à mener les deux démarches en parallèle si vous êtes proche des plafonds HLM.
Refusé en HLM pour dépassement de plafond ? Pensez au LLI
C'est l'une des situations où le LLI prend tout son sens. Vous avez déposé une demande de logement social, mais vos revenus dépassent les plafonds HLM : votre dossier n'est pas prioritaire, voire irrecevable. Faut-il pour autant se résigner au plein tarif du marché ? Pas forcément.
Le LLI est précisément conçu pour ce « ni-ni » : ni assez modeste pour le HLM, ni assez à l'aise pour le privé cher. En vous orientant vers un logement intermédiaire, vous récupérez une partie de l'avantage que vous n'avez pas pu obtenir en HLM : un loyer plafonné, environ 20 % sous le marché, dans un logement souvent récent. C'est aussi une solution plus rapide que l'attente parfois longue d'un HLM en zone tendue. Avant de signer un bail au prix fort, vérifiez donc systématiquement s'il existe des programmes LLI sur votre secteur : le gain sur le loyer peut être significatif, année après année.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le logement locatif intermédiaire (LLI) ?
Un logement au loyer réglementé, situé entre le logement social et le privé, généralement environ 20 % moins cher que le marché. Il vise les ménages qui dépassent les plafonds HLM mais peinent à se loger dans le privé.
Quels sont les plafonds de ressources du LLI en 2026 ?
Ils dépendent de la zone et du foyer, appréciés sur le RFR 2024. Exemple : environ 43 953 €/an pour une personne seule en zone A, environ 95 427 € pour un foyer de quatre personnes en zone A. Nettement plus élevés que les plafonds HLM.
Le LLI est-il moins cher que le marché ?
Oui, ses loyers sont plafonnés par décret et généralement inférieurs d'environ 20 % au marché libre. C'est le principal intérêt du dispositif pour les revenus intermédiaires.
Quelles zones sont concernées par le LLI ?
Principalement les zones A, A bis et B1 : Paris et sa région, et les grandes métropoles comme Lyon ou Lille, où l'écart de loyers est le plus fort.
Peut-on toucher l'APL en LLI ?
Cela dépend de votre situation et du conventionnement du logement. Le LLI n'ouvre pas systématiquement les mêmes droits que le HLM : vérifiez votre éligibilité et estimez votre reste à charge avec le simulateur d'APL.
Le LLI est-il un logement social ?
Non, c'est une offre intermédiaire. Il n'obéit pas aux mêmes conditions de priorité que le logement social et vise des revenus plus élevés, tout en restant en dessous du marché libre.
Mis à jour le 3 septembre 2026 · Informations vérifiées sur les sources publiques officielles.
Sources officielles
- Logement locatif intermédiaire (LLI) · service-public.fr
- Plafonds de ressources et de loyers du LLI · lli.immo
- Logement locatif intermédiaire : ce qui change en 2026 · seloger.com
- Action Logement · actionlogement.fr
Ce site est informatif et indépendant. Il ne remplace pas les organismes officiels (CAF, ANIL, service-public.gouv.fr) et ne traite aucune demande à leur place. Pour un conseil gratuit et personnalisé sur le logement, contactez votre ADIL.
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