Droits des locataires

Augmentation de loyer en 2026 : taux, calcul et droits du locataire

Votre propriétaire vous annonce une hausse de loyer et vous ne savez pas si elle est justifiée ? En 2026, l'indice de référence des loyers (IRL) fixe un plafond clair. On vous explique combien votre loyer peut réellement augmenter, comment vérifier le calcul et quoi faire si la hausse vous semble abusive.

Mis à jour le 15 septembre 2026 · Par Karima Haddad

Immeuble résidentiel avec balcons et fenêtres

En résumé

  • Plafond au T2 2026 : l'IRL limite la hausse à +1,15 % en métropole (indice 148,37).
  • Formule de calcul : nouveau loyer = loyer actuel x nouvel IRL / ancien IRL.
  • Logements F et G : loyers gelés, aucune révision possible tant que le DPE n'est pas amélioré.
  • HLM : la hausse existe mais reste souvent inférieure à l'IRL, encadrée par les conventions.
  • Contestation : en cas de hausse abusive, le locataire peut saisir la commission de conciliation puis le juge.

De combien le loyer peut-il augmenter en 2026 ?

Chaque trimestre, l'INSEE publie l'indice de référence des loyers (IRL). C'est cet indice qui fixe le plafond légal de la hausse que votre propriétaire peut appliquer lors de la révision annuelle de votre loyer.

Au deuxième trimestre 2026, l'IRL s'établit à 148,37 en métropole, soit une progression de +1,15 % sur un an. Concrètement, si votre loyer est de 700 euros, la hausse maximale autorisée est d'environ 8 euros par mois, soit 96 euros sur l'année.

Ce taux de 1,15 % marque un ralentissement net par rapport aux années précédentes. En 2024, les hausses pouvaient atteindre 3,50 % au premier trimestre. La décélération s'explique par le recul de l'inflation en France depuis mi-2023.

Attention : le taux applicable dépend du trimestre de référence inscrit dans votre bail, pas forcément du dernier IRL publié. Si votre bail indique « IRL du premier trimestre », c'est la valeur du T1 (146,60, soit +0,78 %) qui s'applique, pas celle du T2.

Valeurs de l'IRL : tableau 2024-2026

Les valeurs ci-dessous concernent la France métropolitaine. La Corse et les DOM disposent d'indices spécifiques (Corse : 146,22 au T2 2026, DOM : 146,94).

TrimestreValeur de l'IRLVariation annuellePublication au JO
T2 2026148,37+1,15 %12 juillet 2026
T1 2026146,60+0,78 %16 avril 2026
T4 2025145,78+0,79 %16 janvier 2026
T3 2025145,77+0,87 %17 octobre 2025
T2 2025146,68+1,04 %13 juillet 2025
T1 2025145,47+1,40 %16 avril 2025
T4 2024144,64+1,82 %16 janvier 2025
T3 2024144,51+2,47 %16 octobre 2024
T2 2024145,17+3,26 %18 juillet 2024
T1 2024143,46+3,50 %1er juin 2024

Source : ANIL, d'après les publications de l'INSEE au Journal officiel.

+1,15 %Hausse maximale au T2 2026
148,37Valeur de l'IRL (métropole)
+0,78 %Hausse au T1 2026

Comment calculer l'augmentation de votre loyer

La formule de révision est fixée par la loi (article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989). Elle est la même pour tous les baux du parc privé :

Nouveau loyer = Loyer actuel × Nouvel IRL ÷ Ancien IRL

L'« ancien IRL » est la valeur du même trimestre de l'année précédente, et le « nouvel IRL » celle du trimestre de l'année en cours. Prenons un exemple concret.

Exemple : Marie paie 700 euros de loyer. Son bail a été signé en juillet 2025. La clause de révision renvoie à l'IRL du deuxième trimestre. Au T2 2025, l'IRL valait 146,68. Au T2 2026, il est passé à 148,37.

Calcul : 700 × 148,37 / 146,68 = 708,06 euros.

La hausse mensuelle est de 8,06 euros, soit 96,72 euros sur l'année. Si le propriétaire de Marie lui demande plus de 708,06 euros, elle est en droit de refuser. La procédure détaillée de calcul, avec les délais de notification et les modèles de courrier, se trouve dans notre guide sur la révision de loyer.

Quand votre propriétaire peut-il réviser le loyer ?

Plusieurs situations permettent au bailleur de modifier le montant du loyer. Elles ne se cumulent pas et ne suivent pas toutes les mêmes règles.

La révision annuelle en cours de bail

C'est le cas le plus courant. Si votre bail contient une clause de révision, le propriétaire peut appliquer la hausse une fois par an, à la date anniversaire du bail. Il doit vous prévenir, mais il n'est pas tenu d'envoyer un courrier recommandé : un simple courrier ou courriel suffit.

Point important : si le propriétaire oublie de réviser le loyer et laisse passer plus de 12 mois après la date de révision, il perd définitivement ce droit pour la période écoulée. Il ne peut pas appliquer deux années de hausse d'un coup.

Le changement de locataire (relocation)

Quand un locataire quitte le logement, le propriétaire peut fixer un nouveau loyer pour le suivant. Mais dans les zones soumises à l'encadrement des loyers, le nouveau loyer ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral. En zone tendue (28 agglomérations définies par le décret du 10 mai 2013), le loyer est encadré entre deux relocations, sauf si le logement a fait l'objet de travaux d'amélioration importants.

Après des travaux d'amélioration

Le propriétaire qui réalise des travaux significatifs (isolation, remplacement de la chaudière, rénovation de la salle de bains) peut demander une augmentation au-delà de l'IRL. Cette hausse doit être prévue dans un avenant au bail ou dans une clause spécifique, et les travaux doivent représenter au moins un an de loyer en montant. En pratique, la hausse annuelle liée aux travaux est plafonnée à 15 % du coût TTC des travaux.

Logements classés F et G : le gel des loyers

Si votre logement a un diagnostic de performance énergétique (DPE) classé F ou G, bonne nouvelle pour vous : le loyer est gelé. Le propriétaire ne peut appliquer aucune révision annuelle, même si le bail contient une clause de révision et même si l'IRL a augmenté.

Ce gel est en vigueur depuis le 24 août 2022 en France métropolitaine et depuis le 1er juillet 2024 dans les départements et régions d'outre-mer. Il concerne aussi bien les baux en cours que les relocations.

Le gel s'inscrit dans la politique de lutte contre les passoires thermiques. L'objectif est d'inciter les propriétaires à rénover avant de pouvoir à nouveau réviser le loyer. Pour lever le gel, le propriétaire doit justifier d'un nouveau DPE attestant au minimum la classe E.

En pratique, vérifiez le DPE annexé à votre bail ou demandez à votre propriétaire de vous le communiquer. Si le logement est classé F ou G et que le propriétaire applique quand même une hausse, vous pouvez la contester immédiatement.

HLM : des règles d'augmentation spécifiques

En logement social, la révision du loyer obéit à un calendrier et à des règles différentes du parc privé. La hausse intervient au 1er janvier de chaque année, sans clause dans le bail : c'est le bailleur social qui fixe le nouveau montant dans le cadre des conventions passées avec l'État.

Le taux d'augmentation est plafonné par l'IRL, mais les bailleurs sociaux appliquent souvent un taux inférieur pour maintenir les loyers accessibles. Certaines années, le taux en HLM peut être nul, même quand l'IRL progresse.

Le détail des règles d'augmentation en HLM couvre les spécificités : notification obligatoire trois mois avant, distinction entre loyer principal et charges, rôle du surloyer (SLS) pour les ménages dont les revenus dépassent les plafonds. Si vous êtes locataire en HLM et que vous recevez un avis de hausse qui vous semble excessif, commencez par vérifier que le taux appliqué ne dépasse pas la variation de l'IRL du deuxième trimestre de l'année précédente.

Un point souvent méconnu : en HLM, la hausse du loyer peut être cumulée avec une réévaluation liée à des travaux de réhabilitation votés en conseil d'administration. Ces deux composantes apparaissent séparément sur votre avis d'échéance. Vérifiez que chacune respecte son propre plafond. Et si vos revenus ont baissé, pensez à actualiser votre dossier pour ajuster vos aides au logement.

Encadrement des loyers en zone tendue

Dans certaines villes (Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Montpellier et d'autres agglomérations), un dispositif d'encadrement des loyers impose un double plafonnement. Votre loyer ne peut dépasser ni la hausse autorisée par l'IRL, ni le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral pour votre type de logement, votre quartier et votre nombre de pièces.

Si votre loyer dépasse déjà le plafond de référence, le propriétaire ne peut pas appliquer la révision annuelle, même si l'IRL a augmenté. Le loyer doit d'abord revenir sous le plafond. Inversement, si votre logement présente des caractéristiques exceptionnelles (terrasse, vue, équipement haut de gamme), le propriétaire peut appliquer un « complément de loyer » au-delà du loyer de référence majoré, à condition de le justifier dans le bail.

Notre guide sur l'encadrement des loyers détaille la liste des villes concernées, les modalités de calcul et les recours possibles si votre loyer dépasse le plafond légal.

Que faire face à une augmentation abusive ?

Vous recevez un courrier de votre propriétaire qui annonce une hausse supérieure à ce que l'IRL autorise ? Voici la marche à suivre, étape par étape.

1. Vérifiez le calcul

Identifiez le trimestre de référence dans votre bail, retrouvez les deux valeurs d'IRL (l'actuelle et celle d'il y a un an), et appliquez la formule. Si le nouveau montant demandé est supérieur au résultat, la hausse est abusive.

2. Envoyez un courrier recommandé

Adressez un courrier recommandé avec accusé de réception à votre propriétaire en rappelant la valeur de l'IRL applicable, votre calcul détaillé et le montant légal du nouveau loyer. Joignez une copie de la publication de l'IRL au Journal officiel. Dans la majorité des cas, cette démarche suffit à régler le litige.

3. Saisissez la commission de conciliation

Si le propriétaire persiste, vous pouvez saisir gratuitement la commission départementale de conciliation (CDC). Chaque département en possède une. La commission convoque les deux parties et tente de trouver un accord amiable. Le délai moyen est de deux à trois mois.

4. En dernier recours : le juge

Si la conciliation échoue, saisissez le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de votre domicile. Vous pouvez agir sans avocat pour les litiges inférieurs à 5 000 euros. En attendant la décision, continuez à payer le montant que vous estimez dû (l'ancien loyer, ou le loyer révisé selon votre propre calcul). Ne cessez jamais de payer, même en cas de litige : un impayé affaiblit votre position.

Pour les locataires qui rencontrent des difficultés financières suite à une augmentation de loyer, même légale, des aides au logement existent pour alléger la charge. N'attendez pas que la situation se dégrade.

Ce que la hausse de loyer change pour vos aides

Si votre loyer augmente, vos allocations logement (APL, ALF, ALS) sont recalculées automatiquement par la CAF, à condition que vous déclariez le nouveau montant. Connectez-vous à votre espace caf.fr et mettez à jour le montant du loyer dans la rubrique « Mon logement ». Le recalcul prend effet le mois suivant la déclaration.

En règle générale, une hausse de loyer de quelques euros entraîne une revalorisation de l'aide, mais pas dans les mêmes proportions. L'aide absorbe une partie de la hausse, pas la totalité. Pensez aussi à demander votre quittance de loyer chaque mois : ce document mentionne le montant effectivement payé et peut être exigé par la CAF en cas de contrôle.

Questions fréquentes

Quelle est l'augmentation maximale du loyer autorisée en 2026 ?

L'augmentation du loyer est plafonnée par l'IRL (indice de référence des loyers). Au deuxième trimestre 2026, la hausse maximale autorisée est de 1,15 % en métropole. Le propriétaire ne peut pas dépasser cette variation, quel que soit le motif invoqué pour la révision annuelle.

Mon propriétaire peut-il augmenter le loyer chaque année ?

Oui, à condition que le bail contienne une clause de révision annuelle. La hausse est appliquée une fois par an, à la date anniversaire du bail ou à la date prévue dans le contrat. Si le propriétaire laisse passer plus d'un an après la date de révision, il perd son droit pour la période écoulée.

Comment calculer la révision de loyer avec l'IRL ?

La formule est : nouveau loyer = loyer actuel multiplié par le nouvel IRL, divisé par l'ancien IRL. Par exemple, pour un loyer de 700 euros révisé au T2 2026 (IRL 148,37) par rapport au T2 2025 (IRL 146,68), le nouveau loyer est de 700 x 148,37 / 146,68 = 708,06 euros, soit une hausse de 8,06 euros par mois.

Le loyer d'un logement classé F ou G peut-il augmenter ?

Non. Depuis le 24 août 2022 en métropole et le 1er juillet 2024 dans les DOM, les loyers des logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique sont gelés. Le propriétaire ne peut appliquer aucune révision annuelle tant que le logement n'a pas été rénové pour atteindre au moins la classe E.

Que faire si mon propriétaire augmente le loyer au-delà de l'IRL ?

Contestez par courrier recommandé en rappelant la valeur de l'IRL applicable et le calcul légal. Si le propriétaire maintient sa position, saisissez la commission départementale de conciliation (CDC) de votre département, puis le juge des contentieux de la protection en dernier recours. Ne payez que le montant légalement dû en attendant la résolution.

La hausse de loyer s'applique-t-elle aussi en HLM ?

Oui, les loyers en HLM sont révisés chaque année au 1er janvier. La hausse est encadrée par l'IRL mais aussi par les plafonds fixés par convention entre le bailleur social et l'État. En pratique, la hausse en HLM est souvent inférieure à la variation de l'IRL, car les bailleurs sociaux appliquent un taux modéré pour préserver l'accessibilité des logements.

Mis à jour le 15 septembre 2026 · Informations vérifiées sur les sources publiques officielles.

Sources officielles

Ce site est informatif et indépendant. Il ne remplace pas les organismes officiels (CAF, ANIL, service-public.gouv.fr) et ne traite aucune demande à leur place. Pour un conseil gratuit et personnalisé sur le logement, contactez votre ADIL.

Rédigé par

Karima Haddad

Rédactrice spécialisée droits des locataires

Karima Haddad traite les situations sensibles de la vie locative : impayés, trêve hivernale, garantie Visale, hébergement d'urgence et aides du FSL. Elle relaie les dispositifs officiels (ANIL/ADIL, Action Logement, service-public.gouv.fr) sans jamais se substituer aux organismes.

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