Rénovation énergétique

Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) 2026 : montant, travaux et conditions

Un prêt sans intérêts et sans condition de revenus pour financer vos travaux de rénovation énergétique : isolation, chauffage, ventilation, fenêtres. L'éco-PTZ peut aller jusqu'à 50 000 euros, remboursables sur 20 ans maximum. Voici tout ce qu'il faut savoir pour en profiter en 2026.

Mis à jour le 12 septembre 2026 · Par Karima Haddad

Chantier de renovation energetique d un appartement avec artisan posant une isolation thermique

En résumé

  • L'éco-PTZ est un prêt à taux zéro (les intérêts sont payés par l'État).
  • Aucune condition de revenus : propriétaires occupants et bailleurs, quels que soient leurs revenus.
  • Montant : de 7 000 à 50 000 euros selon le type et le nombre de travaux.
  • Remboursement : jusqu'à 20 ans.
  • Travaux réalisés par un artisan RGE obligatoire.
  • Cumulable avec MaPrimeRénov', les CEE, le chèque énergie et les aides locales.
  • Dispositif prolongé jusqu'au 31 décembre 2027.

Qui peut en bénéficier ?

L'éco-PTZ est ouvert aux propriétaires, qu'ils occupent le logement ou qu'ils le louent. Il est aussi accessible aux copropriétés (éco-PTZ collectif, voté en assemblée générale).

Conditions sur le logement

  • Le logement doit avoir été achevé depuis plus de 2 ans à la date de début des travaux.
  • Il doit être une résidence principale (la vôtre ou celle de votre locataire). Un logement vacant peut en bénéficier s'il sera occupé comme résidence principale dans les 6 mois suivant la fin des travaux.
  • Aucune condition d'étiquette énergétique préalable (sauf pour l'éco-PTZ « performance globale » : le logement doit être classé E, F ou G avant travaux).

Pas de condition de revenus

Contrairement à MaPrimeRénov', l'éco-PTZ n'impose aucun plafond de ressources. Les ménages modestes comme les ménages aisés peuvent en bénéficier. La seule condition financière est l'accord de la banque sur votre capacité de remboursement.

Les montants selon les travaux

Le plafond de l'éco-PTZ dépend du nombre d'actions de travaux réalisées et de leur nature :

Type de travaux Montant max Durée max
1 action (ex. : isolation des combles) 15 000 € 15 ans
2 actions combinées 25 000 € 15 ans
3 actions ou plus (bouquet de travaux) 30 000 € 15 ans
Rénovation d'ampleur (gain ≥ 2 classes DPE) 50 000 € 20 ans
Assainissement non collectif 10 000 € 15 ans
Remplacement fenêtres simple vitrage 7 000 € 15 ans

L'éco-PTZ « performance globale » (50 000 euros) vise les rénovations qui font passer le logement d'une étiquette E, F ou G à au moins une étiquette C. C'est le plafond le plus élevé, réservé aux projets ambitieux incluant plusieurs postes (isolation, chauffage, ventilation).

Les travaux éligibles

Les travaux doivent entrer dans l'une des catégories suivantes, définies par l'article 244 quater U du Code général des impôts :

Isolation thermique

  • Toiture : isolation des combles perdus ou aménagés, toiture-terrasse.
  • Murs donnant sur l'extérieur : isolation par l'intérieur (ITE) ou par l'extérieur. Les murs doivent représenter au moins 50 % de la surface totale des murs donnant sur l'extérieur.
  • Planchers bas : isolation du sol sur cave, vide sanitaire ou terre-plein.
  • Fenêtres et portes-fenêtres : remplacement de simple vitrage par du double vitrage ou du triple vitrage (au moins la moitié des fenêtres).

Chauffage et eau chaude

  • Installation ou remplacement d'un système de chauffage : pompe à chaleur air-eau ou géothermique, chaudière biomasse, système solaire combiné, poêle à bois ou à granulés.
  • Eau chaude sanitaire : chauffe-eau thermodynamique, chauffe-eau solaire.
  • Les chaudières à gaz ne sont plus éligibles depuis 2023 (y compris les chaudières à très haute performance énergétique).

Ventilation

  • Installation d'une VMC double flux pour améliorer la qualité de l'air et limiter les déperditions.

Assainissement non collectif

  • Remplacement d'un dispositif d'assainissement individuel par une installation ne consommant pas d'énergie (filtre compact, micro-station sans énergie).

L'éco-PTZ en copropriété

Les copropriétés peuvent accéder à l'éco-PTZ « copropriétés » pour financer les travaux votés en assemblée générale sur les parties communes (isolation de la façade, remplacement de la chaudière collective, etc.). Chaque copropriétaire emprunte sa quote-part, plafonnée à 30 000 euros par logement (50 000 euros si les travaux permettent un gain d'au moins deux classes DPE).

Le syndic constitue le dossier collectif et le transmet à une banque partenaire. Le prêt est individuel : chaque copropriétaire signe son propre contrat et rembourse sa part. Les copropriétaires qui ne souhaitent pas emprunter peuvent financer leur part autrement.

L'artisan RGE : une condition incontournable

Tous les travaux doivent être réalisés par un professionnel RGE (Reconnu garant de l'environnement). Cette qualification, délivrée par des organismes comme Qualibat, Qualifelec ou QualiPAC, garantit la compétence de l'artisan en rénovation énergétique.

Le label RGE doit être valide à la date de signature du devis. Pour trouver un artisan qualifié, consultez l'annuaire officiel sur france-renov.gouv.fr.

Quelques points d'attention :

  • La qualification RGE doit correspondre au type de travaux réalisés : un artisan RGE pour les pompes à chaleur ne peut pas faire valoir sa qualification pour de l'isolation.
  • Demandez le certificat RGE avant de signer le devis et vérifiez sa date de validité.
  • Si l'artisan perd sa qualification RGE entre le devis et la réalisation des travaux, le prêt peut être remis en cause. Vérifiez à nouveau au moment de la facture.

Les étapes pour obtenir un éco-PTZ

  1. Choisir les travaux et obtenir des devis : identifiez les postes de rénovation prioritaires (un audit énergétique est obligatoire pour l'éco-PTZ « performance globale »). Faites établir des devis par des artisans RGE.
  2. Remplir le formulaire « emprunteur » : téléchargeable sur le site du Service public, il récapitule la nature et le montant des travaux.
  3. Déposer la demande auprès d'une banque partenaire : toutes les banques ne proposent pas l'éco-PTZ. Les principaux réseaux signataires sont le Crédit Agricole, la Banque Postale, la Société Générale, la BNP Paribas, le Crédit Mutuel et la Banque Populaire. La banque étudie votre solvabilité comme pour un prêt classique.
  4. Réaliser les travaux : vous avez 3 ans à compter de l'émission du prêt pour les achever (5 ans pour l'éco-PTZ « performance globale »).
  5. Transmettre les factures : une fois les travaux terminés, transmettez les factures à la banque dans le délai imparti. Sans justificatif, la banque peut exiger le remboursement anticipé du prêt.

Cumuler l'éco-PTZ avec d'autres aides

L'un des grands avantages de l'éco-PTZ est sa compatibilité avec la plupart des aides à la rénovation :

  • MaPrimeRénov' : le cumul est possible depuis 2022, sans condition de revenus. L'éco-PTZ « MaPrimeRénov' » (jusqu'à 50 000 euros) permet même de financer le reste à charge après MaPrimeRénov'. Il suffit de fournir la notification d'attribution de MaPrimeRénov' à la banque.
  • Certificats d'économies d'énergie (CEE) : les « primes énergie » versées par les fournisseurs d'énergie (EDF, TotalEnergies, etc.) sont cumulables.
  • Chèque énergie : utilisable pour payer une partie des travaux éligibles.
  • TVA à 5,5 % : les travaux d'amélioration énergétique bénéficient d'une TVA réduite, cumulable avec l'éco-PTZ.
  • Aides locales : de nombreuses régions, départements et intercommunalités proposent des compléments (consultez l'ANIL ou votre ADIL pour les aides de votre territoire).
  • Prêt avance rénovation : pour les ménages modestes, ce prêt hypothécaire garanti par l'État complète l'éco-PTZ.

Attention : le montant total des aides ne peut pas dépasser le coût total TTC des travaux. L'éco-PTZ vient en complément : il finance le « reste à charge » après déduction des subventions.

Ce que gagne le locataire

Le locataire ne peut pas demander l'éco-PTZ lui-même, mais il profite directement des travaux financés par le propriétaire bailleur :

  • Baisse de la facture énergétique : une isolation performante et un chauffage efficace réduisent significativement les charges. L'ADEME estime qu'une rénovation globale peut diviser la consommation par 2 à 4.
  • Confort thermique : plus de courants d'air, de murs froids ou de surchauffe estivale.
  • Fin de la passoire thermique : depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être loués. Les F suivront en 2028 et les E en 2034. Le propriétaire qui rénove maintient le logement sur le marché locatif, ce qui protège le locataire d'un congé pour travaux.
  • Interdiction d'augmenter le loyer : dans les passoires thermiques (F et G), le loyer est gelé tant que le logement n'a pas atteint au moins la classe E.

Le locataire peut aussi signaler le mauvais état énergétique du logement et demander des travaux au propriétaire. Si le logement est une passoire thermique, il peut saisir la justice pour exiger la mise en conformité (voir notre guide logement décent et passoire thermique).

Les pièges à éviter

  • Commencer les travaux avant l'offre de prêt : les travaux démarrés avant l'émission de l'offre de prêt ne sont pas éligibles. Signez le devis mais ne lancez rien avant d'avoir l'accord bancaire.
  • Choisir un artisan non RGE : sans RGE, pas d'éco-PTZ. Même un artisan compétent mais non certifié ne peut pas faire bénéficier du prêt.
  • Dépasser le délai de réalisation : 3 ans (5 ans pour la performance globale). Passé ce délai, la banque peut exiger le remboursement intégral si les factures ne sont pas transmises.
  • Confondre éco-PTZ et PTZ immobilier : le PTZ (prêt à taux zéro classique) finance l'achat d'un logement neuf. L'éco-PTZ finance la rénovation énergétique d'un logement existant. Les deux sont cumulables si vous êtes éligible aux deux.
  • Oublier l'audit énergétique : pour l'éco-PTZ « performance globale » (50 000 euros), un audit réalisé par un auditeur certifié est obligatoire avant les travaux. Il coûte entre 500 et 1 500 euros et peut être financé par MaPrimeRénov'.

Questions fréquentes

Quel est le montant maximum de l'éco-PTZ ?

50 000 euros pour une rénovation d'ampleur avec gain d'au moins 2 classes DPE. Pour une action seule : 15 000 euros, deux actions : 25 000 euros, trois actions ou plus : 30 000 euros.

Y a-t-il un plafond de revenus ?

Non. L'éco-PTZ n'impose aucune condition de revenus. La banque vérifie uniquement votre capacité de remboursement.

Peut-on cumuler éco-PTZ et MaPrimeRénov' ?

Oui, depuis 2022 le cumul est ouvert à tous, sans condition de revenus. L'éco-PTZ peut financer le reste à charge après MaPrimeRénov'.

En combien de temps rembourse-t-on ?

Jusqu'à 15 ans pour les travaux classiques et jusqu'à 20 ans pour une rénovation d'ampleur (éco-PTZ « performance globale »). Le remboursement commence dès le déblocage des fonds.

L'éco-PTZ est-il accessible aux locataires ?

Non, seul le propriétaire peut le demander. Mais le locataire en bénéficie via la baisse des charges et l'amélioration du confort. Il peut aussi signaler l'état du logement au propriétaire ou au tribunal.

Mis à jour le 12 septembre 2026 · Informations vérifiées sur les sources publiques officielles.

Sources officielles

Ce site est informatif et indépendant. Il ne remplace pas les organismes officiels (CAF, ANIL, service-public.gouv.fr) et ne traite aucune demande à leur place. Pour un conseil gratuit et personnalisé sur le logement, contactez votre ADIL.

Rédigé par

Karima Haddad

Rédactrice spécialisée droits des locataires

Karima Haddad traite les situations sensibles de la vie locative : impayés, trêve hivernale, garantie Visale, hébergement d'urgence et aides du FSL. Elle relaie les dispositifs officiels (ANIL/ADIL, Action Logement, service-public.gouv.fr) sans jamais se substituer aux organismes.